La Tribune de la Baie des Crocs

The Uncharted Seas

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REVUE DE LA BOITE DE JEU

François Bruntz
The Uncharted Seas

POUR COMMENCER

Deux ans après la sortie en édition limitée de la troisième version de Space Hulk, Games Workshop a renouvellé l'opération en nous proposant un tout nouveau jeu dans l'univers de Warhammer : Dreadfleet!

Dreadfleet nous permet de revivre les combats qui opposèrent les corsaires de la Grande Alliance à des pirates morts-vivants.

La Tribune de la Baie des Crocs vous propose de découvrir la revue de complète de cette boite de jeu.

Depuis deux décennies, les pillards morts-vivants du Comte Noctilus ont écumé tous les océans du vieux monde. Après chaque raid, la Flotte Maudite disparaît aussi furtivement qu'elle était apparue, à l'abri de toutes représailles. Cependant, les hommes gardent espoir. Le capitaine Jaego Roth du Heldenhammer a juré de traquer et de détruire le Comte Noctilus une fois pour toutes. À ses côtés naviguent les pirates les plus habiles et renommés de Sartosa, chacun voguant sur un immense vaisseau hérissé de canons ou de balistes. Aux douze coups de minuit lors de l'ignoble Geheimnisnacht, le Heldenhammer et ses compagnons hissent les voilent jusqu'au royaume de la non-vie appelé le Cimetière du Galion. L'un après l'autre, le Comte Noctilus et ses vils alliés viennent à leur rencontre.

Avec Dreadfleet, Games Workshop continue de nous étonner avec une boite de jeu remplie à ras bord d'un matériel de très grande qualité :

  • 1 Livre de Règles de 98 pages
  • 1 Tapis de Jeu figurant la Mer
  • 10 Navires de Guerre et 10 Socles Scéniques
  • 7 Cogues (Escorteurs)
  • 1 Dragon (Escorteur)
  • 1 Dirigeable (Escorteur)
  • 7 Îles
  • 5 Épaves
  • 3 Monstres Marins
  • 5 Pions Trésor
  • 12 Dés
  • 1 Rose des Vents
  • 2 Barres
  • 1 Réglette de Navigation
  • 10 Fiches de Navire
  • 55 Cartes Dégâts
  • 40 Cartes Destin
  • 12 Cartes Escorteurs
  • 10 Cartes Blessures
  • 11 Autres Cartes

LES FIGURINES
Ce sont bien entendu les figurines et leur qualité qui attirent immédiatement l'attention! De très grande taille, les navires sont très détaillés! C'est bien simple, les plus belles figurines des jeux traitant de bataille navale fantastique comme Man O'War ou The Uncharted Seas sont reléguées au rang de grossiers morceaux de plomb/résine.

Chacune des deux flottes du jeu est composée de 5 navires, chacun d'entre eux appartenant à une race ou une nation différente du Vieux Monde.
Chaque figurine est donc très typée : le navire Haut-Elfe est élégant et élancé tandis que le navire Nain est une forteresse blindée flottante.
On notera que chaque figurine est fournie avec un socle texturé.
Le revers de la médaille est, tout comme pour Space Hulk v3, que chaque figurine est un véritable challenge à peindre pour le peintre moyen... Mais Games Workshop, par l'intermédiaire de ses fameuses photos mettant en scène ses oeuvres, ne peut que motiver tous les joueurs à peindre leur boite de jeu...

En plus des navires principaux, Dreadfleet met en scène des cogues ainsi que des monstres marins.
Les cogues sont des unités de taille plus modeste transportés par les navires principaux. Petite exception, les Nains et Elfes utilisent respectivement des Dirigeables blindés et des Dragons qui ont la capacité de voler.

Dernières figurines mises à la disposition des joueurs : trois monstres marins! Là encore la qualité est au rendez-vous pour ces créatures qui peuvent apparaître aléatoirement sur le champ de bataille et semer encore plus de confusion dans les combats...

LES DECORS
L'une des grandes forces de Dreadfleet est de proposer aux joueurs une boite de jeu complète. Ainsi de nombreux décors et un tapis de jeu sont fournis en plus des figurines.
De la simple épave de navire à la grande île hébergeant un château en passant par le volcan ou le squelette d'une tortue géante, la variété et la qualité de ces décors est indiscutable. On regrettera la présence de très nombreux crânes qui s'expliquent par le fait que l'action se déroule dans une dimension parallèle peuplée de morts-vivants. Cela limite cependant la possibilité de réutiliser ces décors dans d'autres jeux de bataille navale.

Grande première dans une boite de jeu Games Workshop, le tapis de jeu est également fourni. Et il ne s'agit pas d'un poster en papier mais bel et bien d'un tissu imprimé de relativement bonne qualité. Comme pour les décors, on remarquera que des ombres et silhouettes de créatures mortes-vivantes sont visibles dans les flots, cela limitera là aussi les possibilités de recyclage du tapis à d'autres jeux. D'autant plus que celui-ci est d'une taille réduite et délimité par un cadre indiquant des informations nécessaires au jeu.

LE RESTE DU MATERIEL DE JEU
Déjà bien sonné par la qualité et le nombre des figurines de la boite, le joueur n'est pas prêt de se remettre lorsqu'il découvrira la somme de pions, dés, cartes et autres accessoires de jeu!

A la croisée des chemins entre le jeu avec figurines et le jeu de plateau, Dreadfleet utilise en effet beaucoup de cartes de jeu différentes : de petite taille, ces cartes sont de qualité moyenne et manquent un peu de couleur.
Les autres accessoires de jeu (règlette, gabarit de virage ou encore pions de trésor) sont en plastique à peindre là où d'autres jeux proposent plutôt des gabarits en carton.

LE LIVRE DES REGLES
Force est d'admettre que nombreux sont les joueurs à avoir craqué pour Dreadfleet sans avoir seulement lu les règles. En effet, Games Workshop a la réputation d'éditer des jeux efficaces sinon totalement originaux. Qu'en est-il vraiment?

Arrêtons-nous d'abord sur la forme. Comme à son habitude, Games Workshop nous fournit un livre d'une très grande qualité : tout en couleurs, photos et illustrations nombreuses, etc. On regrettera cependant sa relative fragilité et l'on peut craindre le syndrome des pages volantes après une utilisation intensive...

De manière classique, le livre des règles nous présente le contexte de Dreadfleet, les règles ainsi qu'une campagne complète composée de 12 scénarios.

L'UNIVERS DE DREADFLEET
Le contexte de Dreadfleet ne déroutera pas les fans de l'univers de Warhammer Fantasy Battle. Un terrible comte-vampire, à la tête d'une flotte maudite de morts-vivants, sème la terreur sur les côtes du Vieux Monde. Un corsaire, qui a perdu toute sa famille lors d'un raid des morts-vivants, va se dresser contre lui et mener une flotte de pirates issus des quatres coins du Vieux Monde jusque dans les mers d'une contrée inaccessible au commun des mortels : le Cimetierre du Galion.
Avouons tout de suite que ce contexte ne brille pas par son originalité mais il a le mérite de mettre les choses en place : on est clairement dans une ambiance à la "Pirates des Caraïbes".
A noter que le livre des règles fournit également l'histoire de chacun des navires et des capitaines qui participent aux batailles de Dreadfleet. Contrairement à d'autres jeux, on ne contrôle pas des unités anonymes mais bel et bien des navires pirates ayant non seulement leurs propres règles mais aussi leur propre personnalité.

LES REGLES DE JEU
Sans présenter un caractère fondamentalement original, les règles de jeu apportent un certain nombre de nouveautés.

La structure d'un tour de jeu se découpe ainsi :

  • Phase d'initiative : les joueurs déterminent aléatoirement quelle flotte débutera le tour
  • Phase de Statut : les joueurs traitent les événements qui touchent leurs navires comme les incendies par exemple
  • Phase de destin : chaque joueur tire une carte de destin qui présentera un bonus ou un malus. Les cartes destins ont également une influence sur la direction du vent et sa force
  • Phase d'activation : à tour de rôle, les joueurs activent un navire de leur flotte et effectuent toutes ses actions avant de passer à la prochaine activation

Plusieurs points sont intéressants à développer.

Tout d'abord la gestion du vent est plus détaillée que dans d'autres jeux. Ainsi la direction du vent est prise en compte mais aussi sa force. On regrettera cependant que cette direction du vent puisse changer rapidement et de façon radicale rendant délicat l'anticipation de ses manoeuvres.

La gestion de l'état de chaque navire présente également une nouveauté : chaque navire possède sa propre fiche et reçoit des dégâts au cours de la bataille. Chaque carte de dégât est placée sur la fiche du navire ce qui permet de savoir immédiatement quel est son état opérationnel.

Le système met en avant les capitaines des navires. Ces derniers peuvent en effet donner des ordres spéciaux permettant d'améliorer la manoeuvrabilité de son navire ou d'effectuer des actions spéciales (un "Feu à volonté" par exemple permettra à un navire de tirer une bordée à la manière d'un "overwatch"). Lors d'un abordage, les capitaines se battront en duel et pourront recevoir des blessures les rendant moins aptes à donner ces fameux ordres spéciaux.

Chaque navire possède sa propre histoire, comme on l'a déjà vu, mais également ses propres caractéristiques et règles spéciales. Ainsi chacun d'entre eux est unique et joue un rôle différent au sein de sa flotte.

Le reste des règles est classique et déjà vu ailleurs mais cela n'enlève rien à son efficacité : gabarit de virage pour gérer les manoeuvres, jets de dés à six faces pour résoudre les tirs (touche à 4+, 5+ ou 6+ selon la portée) et sauvegardes d'armure pour éviter les dégâts, etc.

LA CAMPAGNE
Le livre des règles présente également une campagne de 12 scénarios mettant en scène les efforts du pirate Jaego Roth pour mettre fin aux agissement du comte-vampire Noctilus.
La campagne propose aux joueurs de monter progressivement en puissance (chaque scénario utilisant de plus en plus de navires) tout en inscrivant les batailles navales dans un contexte narratif fort (bien qu'assez peu original).
L'un des points forts de cette campagne est que chaque scénario propose des challenges différents et ancrés dans l'imaginaire collectif lié aux pirates : que cela soit une course aux trésors ou une opération pour libérer un capitaine pirate des griffes d'une tribu de goules, chaque bataille possède sa propre ambiance.

CONCLUSION
Dreadfleet est, sans surprise, un excellent jeu proposant un matériel tout simplement extraordinaire et des règles simples (mais pas simplistes!) et solides.
Certains lui reprocheront l'absence annoncée d'extensions mais la boite se suffit largement à elle-même en particulier grâce à une campagne de grande qualité.
Si le jeu se révèle être accessible à tous, il est cependant à conseiller aux vétérans du jeu avec figurines : Dreadfleet prend en effet tout son intérêt avec un matériel peint à 100%, matériel (en particulier les figurines des navires) qui n'est justement pas forcément facile à peindre.

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