| Les Guerres Tyraniques |
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| Introduction |
Tout commença par une douzaine de rapports sur des mondes mystérieusement dénudés de toute vie le long de la bordure sud-est de la galaxie. Il s'agissait de mondes reconnus pour posséder une vie indigène. Certains ne possédaient guère plus qu'une soupe primitive d'organismes sommaires encore aux premiers stades de l'évolution, mais dans d'autres cas, des écosystèmes évoluées avaient disparu. Plus de trois cents mille formes de vie furent consignées comme éteintes dans les dossiers de l'Adeptus Mechanicus en un an.
Les Explorateurs ne purent établir de liens communs parmi les pages et les pages d'informations rassemblées sur ces mondes dévastés. Les activités solaires et les modifications orbitales furent écartées, de même que les impacts de corps stellaires plus petits. Il semblait n'y avoir aucune explication valable à ces phénomènes. Un premier rapport fut établi par l'Explorateur Général de l'Administratum mais aucune action ne fut entreprise. Dans une galaxie d'un milliard de mondes, mystères et phénomènes inexplicables étaient plus fréquents que ce que l'Administratum voulait bien admettre. Les planètes en question se trouvaient à des milliers d'années-lumière des plus proches mondes humains. Aucune espèce intelligente n'avait été détruite et les intérêts impériaux n'étaient pas menacés. Les rapports allèrent rejoindre les milliers de dossiers stockés sur Terre et, comme trop souvent, le précieux indice annonçant la catastrophe fut enterrée sous les strates de la bureaucratie. D'autres rapports de mondes ravagés furent enregistrés par les Explorateurs et il y eut enfin assez d'éléments pour attirer l'attention de l'inquisition. L'lnquisiteur Kryptman, l'homme qui avait si clairement démontré les principes pervertis de l'Hérésie Macharienne, prit connaissance du dossier avec inquiétude. Comme tous les Inquisiteurs, la première réaction de Kryptman fut d'essayer de se renseigner davantage et d'extraire des informations supplémentaires du phénomène. Les Adeptes Explorateurs, malgré ses questions pressantes, n'apportèrent guère d'éléments nouveaux. Kryptman nota les mondes dévastés et les classa par date de découverte. Très vite, il découvrit que ces planètes éteintes suivaient une logique. En fonction du temps et du lieu, il constata que les mondes d'une certaine zone de la bordure sud-est de la galaxie étaient éradiqués progressivement. La nature éparse des rapports rendait difficile d'établir la direction ou la vitesse du phénomène, mais il semblait pénétrer de plus en plus profondément dans la galaxie et il finirait par atteindre des secteurs abritant des mondes impériaux, si ce n'était déjà fait. Kryptman informa le Conseil de l'inquisition de ses découvertes et reçut le commandement d'un vaisseau pour se rendre sur les frontières orientales et rassembler toutes les informations possibles. Kryptman était parvenu à établir un rapport de temps et de lieu entre les différents mondes ravagés, mais il n'avait absolument aucune idée de ce qui concernait la cause du phénomène. Cependant, alors même que le vaisseau de l'inquisiteur pénétrait dans le Warp, les événements se précipitèrent. |
| Premier Contact |
La planète Tyran était un monde banal à tous égards. Elle était recouverte à plus de quatre-vingt pour cent par un océan parsemé de quelques îles qui n'étaient que les sommets de montagnes s'élevant du fond de la mer quelques kilomètres plus bas. Le grand océan grouillait d'une abondante vie primitive et vorace, des bancs de corail longs de plusieurs milliers de lieues, des myriades de crustacées, des mollusques semblables à des calmars géants, des poissons élémentaires et autres créatures plus simples.
Une grande base d'Explorateurs située sur Tyran servait d'étape aux expéditions en route vers l'est de la galaxie et étudiait la richesse de la vie marine évoluant dans les océans de la planète. La base Primus de Tyran contenait plus de quatre cents personnes, surtout des Explorateurs, des scribes de l'Adeptus Administratum, des Genetors, Ingénieurs et Lexicanis de l'Adeptus Mechanicus plus leurs serviteurs et un Astropathe chargé de toutes les communications avec la Terre, distante de soixante mille années-lumière. Le premier signe fut la détection d'un nuage composé d'un grand nombre d'objets non identifiés pénétrant dans le système de Tyran. Les sondes et la télémétrie révélèrent peu de choses sur ce mystérieux nuage mais indiquèrent qu'il n'émettait aucun signal ni signature énergétique. Les objets eux-mêmes étaient non métalliques et de formes irrégulières, ce qui excluait une flotte de vaisseaux ou les débris d'un Space Hulk rejeté hors du Warp. Les possibilités furent longuement débattues par les technoprêtres de la base. Au milieu des suggestions de fragments planétaires, de nuages Oort, de courants de météores et autres phénomènes naturels, une voix s'éleva, prophétisant la mort. Plusieurs semaines avant l'arrivée du nuage, l'astropathe avait ressenti des troubles dans le Warp. Ses nuits étaient pleines de cauchemars dans lesquels une affreuse présence rôdait à la lisière de la perception et murmurait dans le noir. Maintenant, cette tache sombre apparaissait de plus en plus souvent dans son esprit, qu'il soit éveillé ou endormi. Le commandant de la station, le magos Varnak, restait sceptique face aux étranges divagations de l'astropathe. Cependant, ses ordres étaient de se renseigner sur tous les phénomènes aussi supervisa-t-il personnellement la préparation d'un vaisseau de recherche. Une fois les préparations terminées, Varnak pilota le vaisseau vers le nuage, qui se trouvait alors au niveau de la plus lointaine planète du système. Alors que le minuscule vaisseau se rapprochait, Varnak fut frappé de constater que les composants du nuage étaient de tailles régulières. Des groupes de petits objets entouraient des formes plus grosses en halos presque parfaitement sphériques. Alors que le commandant se rapprochait du gros objet le plus proche, ses senseurs indiquèrent que la chose possédait une sorte de symétrie. Sa surface était couverte d'incroyables sillons et spirales, faisant penser à un astéroïde que l'on aurait sculpté avant de le laisser dériver dans l'espace. En se rapprochant, les scanners identifièrent des sortes d'évents de matière opaque qui se dressaient de l'objet comme des voiles. Un avertissement soudain de l'équipage avertit Varnak. Les petits objets entouraient maintenant le vaisseau de recherche et se rapprochaient, apparemment grâce à une propulsion propre. Le mages Varnak fit demi-tour afin de s'éloigner du gros objet. il tenta d'envoyer des messages par de multiples moyens, utilisant les ondes radio, la lumière, les couleurs, les radiations et autres. Aucune réponse ne fuit visible on délectable. En fait, les petits objets semblaient se rapprocher encore plus vite. Varnak se résolut donc à enclencher les turbos pour libérer son vaisseau de l'encerclement. Alors qu'il passait à côté de l'objet le plus proche, ce dernier explosa avec force. L'onde de choc infligea de sérieux dommages au vaisseau, le magos Varnak fur blessé et plusieurs hommes tués. Pire, le navire continua à subir des dommages lors de sa fuite. Plusieurs autres compartiments explosèrent sans avertissement et les niveaux d'énergie continuèrent à baisser. Heureusement, les réacteurs résistèrent, et le vaisseau retourna aussi vite que possible vers Tyran. Par ses efforts héroïques, Varnak ramena le vaisseau à Primus et le posa en catastrophe dans l'océan tout proche. L'étude du vaisseau et de sa boîte noire indiquèrent qu'il avait été touché par un mélange complexe d'acides et de virus qui avait dévoré plus de 20% de sa coque. Pendant ce temps, le nuage se rapprochait toujours plus vite et les scientifiques impériaux estimèrent qu'à sa vitesse actuelle, il atteindrait l'orbite de Tyran en moins d'une semaine. Les signes biologiques des acides et des virus indiquaient qu'ils provenaient d'êtres vivants. Les Genetors estimèrent que le nuage était composé, en partie ou en entier, de formes de vie adaptées au vide et jamais encore rencontrées par l'homme. Une question restait en suspens : que ferait le nuage en atteignant Tyran ? S'il s'agissait d'une espèce vivant dans le vide, elle n'essayerait sans doute pas de se poser sur la planète. Et même dans le cas contraire, elle n'était peut-être pas hostile. L'attaque contre le vaisseau de Varnak pouvait avoir été accidentelle ou n'avoir constitué qu'un simple avertissement. Il fallait néanmoins se souvenir du destin mystérieux des autres planètes du quadrant qui avaient été privées de toute vie : avaient-elles été victimes de cette nuée qui se rapprochait inexorablement ? Varnak décida de ne courir aucun risque. Il fit fortifier la base, armer les autres vaisseaux et préparer les lasers de défense. Une semaine plus tard, les attaques commencèrent. Le nuage s'approcha et entoura la planète avec une sinistre détermination. Les lasers de défense retinrent leur feu jusqu'à ce que les contacts-radar les plus forts (d'une taille équivalente à celle des croiseurs impériaux) apparaissent en orbite basse. Trois éclairs incandescents frappèrent l'un des gros objets, qui fit demi-tour en laissant échapper un épais nuage de vapeur. Un petit objet fut désintégré par trois autres salves du silo n°3. Dans la demi-heure, le silo n°3 toucha deux autres envahisseurs, les contraignant à fuir hors de portée. Le silo n°2 était également engagé dans un duel furieux avec trois des petits contacts. Des projectiles à haute vélocité venus des attaquants détruisirent le système de communication du silo et endommagèrent la chambre du laser, mais les technoprêtres réussirent à le garder opérationnel et touchèrent deux agresseurs. Tous les objets du nuage proches de Tyran se retirèrent simultanément hors de portée. Les trois vaisseaux que Varnak avait gardés en réserve pour une telle occasion poursuivirent les attaquants au-delà de la portée des lasers. Ils détruisirent Lin des objets, infligèrent des dommages à deux autres et déchirèrent la surface d'un troisième, lui faisant perdre des quantités de liquide dans l'espace. Les vaisseaux reçurent un important tir de retour des douzaines d'objets du nuage. Les deux seuls navires qui regagnèrent Tyran étaient désormais inutilisables, rongés par les mêmes acides et virus qui avaient attaqué le vaisseau de Varnak. Une analyse plus poussée des enregistrements des vaisseaux endommagés indiquèrent que les objets étaient indiscutablement organiques, protégés par une épaisse carapace d'un matériau minéral, comparable à de l'os à base de silice, ou à la chitine des insectes. Ces créatures semblaient avoir des composants internes plus mous contenant des fluides. Un micro-examen des bandes du silo no3 révéla des hordes de formes minuscules s'échappant de la créature qu'il venait de détruire. Du fait de la distance, on ne pouvait pas voir grand-chose sur les images, si ce n'est que les formes avaient un corps en trois segments et six protubérances mobiles avec symétrie bilatérale. Varnak appela l'astropathe au centre de contrôle. Un serviteur dut le transporter jusqu'au magos. Le regard farouche du jeune astropathe avait cédé la place à un air fatigué et l'impression d'un immense désespoir. Soudain attentif, Varnak interrogea soigneusement l'astropathe sur ce qu'il avait perçu au cours du combat. L'astropathe répondit, dans un murmure rauque, qu'il avait senti l'unicité de l'ennemi entourant Tyran. Lorsqu'une créature avait été touchée par les lasers de défense, toutes les créatures avaient réagi au coup par une vague terrifiante d'émotion non humaine. Tout comme le ciel de Tyran brillait de la lumière réfléchie par la nuée comme un millier d'étoiles, un million d'esprits flamboyaient d'une détermination effrayante et infatigable. Comme pour souligner les propos de l'astropathe, le nuage se rapprocha à nouveau. Cette fois, les créatures s'avancèrent beaucoup plus près de Tyran et il devint clair que les lasers ne pourraient rien contre une telle masse. Varnak compila toutes les informations sur les envahisseurs sur un codex de données. Celui-ci fut scellé, placé dans un émetteur psychique et déposé au fond d'un puits d'étude scientifique, à plus de trois mille mètres sous la surface de la planète. Le codex de données fut récupéré plus d'un an plus tard par l'inquisiteur Kryptman sur une planète aride et morte qu'il fut d'abord impossible d'identifier comme étant Tyran. Le dernier message de la base avait été une courte et confuse communication de l'astropathe, une sinistre prophétie de mort et une image mentale du ciel de Tyran, noir de monstres grouillants. Les envahisseurs prirent finalement le nom de la planète : les tyranides.
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| Behemoth |
Lorsque l'inquisiteur Kryptman atteignit les bords orientaux de l'Imperium, le dernier message de Tyran était déjà vieux de plusieurs mois. Il n'y avait rien à cet instant permettant de connecter l'attaque contre Tyran aux planètes désertes découvertes précédemment. Cependant l'inquisiteur Kryptman considéra le vieil adage de l'inquisiteur Typhon : "les coïncidences n'existent que dans l'esprit des fous" et intégra Tyran dans l'étude qu'il avait commencé de mener. Comme il savait que l'attaque contre Tyran était plus récente que les autres, les calculs de Kryptman lui donnaient une idée du trajet suivi par les tyranides, en supposant qu'aucun autre monde en dehors de l'Imperium n'avait été attaqué.
Selon ses prévisions, la nuée vue dans le système de Tyran suivait une trajectoire sud-est/nord-ouest galactique. Avec cette certitude, Kryptman reprit l'espace dans le but affirmé de rattraper les tyranides ou, en cas d'échec, d'explorer le système de Tyran et de découvrir le destin de la base Primus. Le vaisseau de Kryptman traversa et retraversa le trajet prévu du nuage au cours des mois suivants mais il n'y eut pas de rapports de nouveaux contacts avec les tyranides. Kryptman se dirigea finalement vers Tyran pour découvrir ce qui était arrivé à la station ainsi qu'à la planète elle-même. En arrivant dans le système de Tyran, les scanners ne purent relever aucune trace du monde océanique sur lequel avait été implanté la base Primus. Une planète occupait bien l'orbite prévue, mais il s'agissait d'un monde beaucoup plus petit que Tyran, complètement désolé et sans atmosphère. Lors de son approche, le vaisseau capta un faible signal d'émetteur psychique enfoui loin sous la surface. Kryptman fit atterrir un groupe d'hommes, au centre d'une mer de poussière contenant une forte concentration de particules métalliques. Le repérage par échos révéla que la mer de poussière faisait plus de mille mètres de profondeur, et que l'émetteur se trouvait encore mille mètres plus bas. Comme il n'y avait pas d'équipement minier à bord du vaisseau, Kryptman fit démonter un canon laser lourd et le fit transporter à la surface de la planète. En utilisant le laser pour vitrifier la poussière et pouvoir ainsi la forer, l'équipage commença le long et lent processus consistant à creuser un tunnel jusqu'à ce mystérieux émetteur. Les hommes travaillèrent par équipe à raison de seize heures par jour, dans des combinaisons étouffantes et les problèmes furent nombreux, Mais Kryptman était résolu à découvrir ce qu'il y avait sous la surface. Conduit par le courage et la détermination de l'inquisiteur qui travaillait autant que les autres, l'équipage termina l'excavation en moins de deux mois. Enfin, Kryptman put descendre dans le puits et y récupérer le codex de précieuses données caché ici par le mages Varnak un an auparavant. Les informations du codex et la preuve que Tyran avait été complètement dénudée de toute vie sidérèrent Kryptman quant à l'importance de l'invasion. La puissance et le nombre des envahisseurs laissaient planer une bien plus terrible menace sur les mondes de l'Imperium qu'il ne l'avait initialement cru. Mis à part le codex de données, la seule preuve que Tyran avait bien existé était la mer de poussière. Les particules métalliques de la poussière étaient tout ce qui restait de la base Primus : tout le reste, jusqu'à la couche de rocs, avait tout simplement disparu sous l'effet d'une puissance à peine imaginable. Alors que le vaisseau de l'inquisiteur Kryptman se préparait à entrer dans le Warp aux limites du système de Tyran, les radars détectèrent un autre vaisseau quittant le Warp. La peur envahit l'équipage à l'idée de rencontrer les créatures responsables de la disparition de Tyran, mais le contact fut identifié comme étant le vaisseau d'exploration Investigation, qui devait retourner sur Tyran plusieurs mois auparavant. L'Investigation n'avait plus d'énergie et dérivait. Sa coque couverte de glace était déchirée et éventrée en maints endroits et une partie de sa superstructure avait fondu là où ses réacteurs avaient explosé. Avec un sinistre pressentiment, Kryptman mena un groupe d'abordage fouiller le vaisseau. L'Investigation s'avéra être sombre et vide, sans aucun être vivant à l'intérieur de sa coque dévastée. Aucun signe de l'équipage! Plusieurs cloisons et portes avaient été défoncées, laissant penser que le navire avait été abordé après avoir été immobilisé, mais par qui ou quoi ? Toutes les banques de mémoire et les cristaux-archives avaient été détruits. Le seul indice laissé par les attaquants de l'Investigation était les déchirures de la coque. Celle-ci n'avait pas fondu sous l'effet d'un laser ou de plasma, mais avait été rongée par des acides, comme les vaisseaux de la station Primus mentionnés dans le codex Varnak. Kryptman ordonna à son astropathe d'envoyer un message de priorité alpha au Conseil de l'inquisition de la Terre pour avertir de la menace que faisaient peser les tyranides sur les planètes et les vaisseaux. L'astropathe annonça que des perturbations dans le Warp bloquaient ses pouvoirs, quelque chose de semblable aux remous produits par une flotte se déplaçant dans l'Immaterium mais en mille fois plus fort. Malgré des tentatives répétées pendant plusieurs heures, l'astropathe ne parvint pas à traverser l'interférence psychique. Même communiquer avec la plus proche matrice relais telepathica à Thandros s'avéra impossible. Finalement, Kryptman ordonna au navigateur de modifier leur route vers Thandros dans l'espoir que les communications seraient possibles à partir de là. Le vaisseau de Kryptman fonça désespérément vers l'Imperium aussi vite que ses réacteurs le lui permettaient, les entités à demi formées du Warp se traînant dans son sillage comme une meute affamée. Le navigateur signala pas moins de trois traces d'épaves ou de débris errant au fil des maelstroms tourbillonnants du Warp, dans une zone où il était normalement extraordinaire d'en rencontrer ne serait ce qu'une. Kryptman fut tenté de fouiller ces épaves mais le retard possible et les risques étaient bien trop grands, aussi son vaisseau poursuivit-il sa route vers Thandros. La matrice astrotélépathe de Thandros était une station spatiale orbitant autour de la planète centrale du système Thandros 1. Contenant moins d'une centaine d'Adeptes Telepathica, la matrice servait de relais permettant d'expédier les communications astropathiques des secteurs sud-est de l'Imperium vers la Terre. Bien que le monde de Thandros 1 fut inhabité, les planètes riches en minerai de Thandros Il et 111 abritaient des opérations minières et des usines de raffinage. Au moment où le vaisseau de l'inquisiteur Kryptman entrait dans l'espace normal au bord du système solaire, un message fut immédiatement envoyé à la matrice. Durant le long délai pour que les signaux atteignent leur destination et reviennent, le vaisseau s'enfonça dans le système. Pas de réponse ! Les scanners indiquèrent que Thandros Il et 111 étaient vides et mortes. Le balayage au magnascope de leur surface ne put laisser deviner qu'elles avaient été habitées. L'atmosphère de méthane des deux planètes avait disparu. Une semaine plus tard, Kryptman monta à bord de la matrice telepathica de Thandros. Le champ gravifique de la station était encore opérationnel, mais des débris flottaient partout, comme si la base avait été saisie par une main géante et violemment secouée. D'immenses entailles sillonnaient les flancs du transcepteur et du quartier d'habitation. A l'intérieur, les parois et les portes avaient été littéralement arrachées, comme celles de l'Investigation. Les malheureux astropathes avaient visiblement mené leur ultime combat dans la chapelle de l'Empereur Déifié. Les parois portaient encore des traces de laser, mais de cadavres, point. La station était vide et extraordinairement silencieuse. Pendant que l'équipage travaillait à remettre la matrice en état, Kryptman parcourait la station, étrange silhouette en robe noire éclairée de façon intermittente par les lueurs vacillantes des torches. Lorsque le quartier d'habitation fut repressurisé, il observa silencieusement les effets personnels dispersés. Se tournant vers les ouvertures scellées du mur, il trouva ce qu'il cherchait. Des fragments de membrane translucide accrochés à des arêtes de métal tranchants et une gelée incolore coagulée le long des murs et du plafond. L'analyse de ces éléments indiqua qu'ils étaient d'origine inconnue, issus de formes de vie qui ne correspondaient à rien dans la banque de données du vaisseau. Grâce à des efforts herculéens, la matrice fut enfin réparée et l'astropathe de Kryptman parvint à percer les courants turbulents du Warp et à contacter la Terre. Il fallut plusieurs jours pour envoyer au quartier général de l'inquisition les informations détenues dans le codex de Varnak et celles recueillies sur Thandros et à bord de l'Investigation. Enfin, l'astropathe épuisé reçut des instructions pour l'inquisiteur Kryptman. Celui-ci devait se rendre sur Macragge, à Ultramar, l'empire du chapitre des Ultramarines. Là, il rejoindrait le maître du chapitre et l'assisterait dans la localisation et la destruction de la flotte tyranide. Comme le voulait la tradition impériale, la flotte ruche des tyranides reçut une appellation de code, un nom antique et sinistre: Behemoth. |
Détail des invasions Tyranides |
| Macragge |