Le monde a changé et avec lui la science de la guerre. Toutes les nations de la Terre l'ont appris, souvent à leurs dépends.

PRISE DE CONSCIENCE

C'est le désastre de la bataille de Solis Planum, sur Mars en novembre 1849 lors de la première guerre franco-plutonienne, qui a poussé la France a révisé complètement son approche militaire. Face à des créatures plutoniennes ne respectant aucune des règles en vigueur sur Terre, le déploiement en ligne des troupes françaises s'était révélé catastrophique. Seul le sacrifice d'un bataillon de zouaves permit à l'armée de battre en retraite face aux hordes ennemies et d'éviter une débacle fatale au premier corps expéditionnaire martien.

La Grande-Bretagne en Exil fut quant à elle contrainte de revoir sa politique militaire suite au raz de marée de 1849 qui raya l'île de la carte. Saignée à blanc par les pertes subies lors de la catastrophe, l'armée britannique ne pouvait tout simplement plus se permettre de déployer des armées classiques. La doctrine mécanique et l'avènement du char d'assaut permirent de faire face à cette difficulté.

Toujours très pragmatique, surtout après avoir affronté la puissance laser des alliés martiens de la France, le Royaume de Prusse a très vite compris l'intérêt qu'il pouvait avoir à mettre à jour sa façon de combattre. De fait, dès 1855 et l'incorporation des premiers Kampfdrachen, l'appareil militaire prussien va entamer sa mue.

peinture de G. Koch

Il faudra plus de temps au reste du monde pour intégrer ce changement fondamental.
Sur les deux continents américains, les règles classiques continuèrent à dominer la pensée militaire pendant près d'une décennie avant que les premiers changements drastiques, inspirés des expériences européennes, ne commencent à voir le jour.
En Russie et au Japon, plongés dans l'obscurantisme, il faudra attendre les années 1860 pour que la façon de combattre évolue.




L'EVOLUTION

C'est ainsi que, pour faire face aux dangers du monde moderne, la traditionnelle organisation de bataille héritée des guerres Napoléoniennes a été complètement repensée.
Les armées ne se font plus face sur un front clairement défini. Le déploiement en ligne a été remplacé par une multitude de petites unités agissant de manière semi-autonome et capables de progresser en profitant de tous les couverts fournis par le terrain.
Les stratégies globales comme les techniques de combat ont fortement évolué. Les officiers supérieurs doivent faire face à des défis bien différents incluant aussi bien les manoeuvres militaires au sol que le soutien d'artillerie ou aérien. Le soldat de base doit quant à lui faire face à des situations plus angoissantes où il pourra tout aussi bien affronter le traditionnel feu ennemi que la puissance laser des marcheurs de combat martiens ou la terreur liée aux créatures telles que les dragons prussiens ou les dinosaures zoulous.
Face à ce changement drastique, certains théoriciens militaires ont milité pour la disparition des uniformes nationaux classiques et hauts en couleurs pour des tenues de combat plus adaptées et usant de couleurs permettant aux combattants de se fondre dans le décor. Cependant ces propositions ont reçu un accueil mitigé aussi bien des officiers supérieurs que de la troupe qui sont attachés aux traditions. Certains pensent de toute façon que se fondre dans le décor n'est pas suffisant pour déjouer les détecteurs thermiques franco-martiens, l'odorat des dragons prussiens et des dinosaures zoulous ou encore les arts occultes pratiqués par les nécromanciens russes et les démons japonais.

Le monde a changé et la guerre aussi.